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Dernière modification le 13 janvier 2008.

Drouet d'Erlon

 

Lieutenant général comte Drouet d'Erlon

 

 


 

 

Extrait des "Documents inédits sur la campagne de 1815, publiés par M. le duc d'Elchingen (1840).

XXII. A M. le prince de la Moskowa.

Vous me demandez, Prince, des renseignements sur les événements de mon corps d’armée pendant la journée du 16 juin 1815.
Je m’empresse de vous les transmettre :
Vers onze heures ou midi, M. le maréchal Ney m’envoya l’ordre de faire prendre les armes à mon corps d’armée, et de le diriger sur Frasnes et les Quatre-Bras, où je recevrais des ordres ultérieurs. Mon armée se mit donc en mouvement immédiatement après avoir donné l'ordre au général qui commandait la tête de la colonne, de faire diligence ; je pris l'avance pour voir ce qui se passait aux Quatre-Bras, où le corps d'armée du général Reille me paraissait engagé. Au delà de Frasnes, je m'arrêtai avec des généraux de la garde, où je fus joint par le général Labédoyère, qui me fit voir une note au crayon qu'il portait au maréchal Ney, et qui enjoignait à ce maréchal de diriger mon corps d'armée sur Ligny. Le général Labédoyère me prévint qu'il avait déjà donné l'ordre pour ce mouvement, en faisant changer de direction à ma colonne, et m'indiqua où je pourrais la rejoindre. Je pris aussitôt cette route et envoyai au maréchal mon chef d'état-major, le général Delcambre, pour le prévenir de ma nouvelle destination. M. le maréchal Ney me le renvoya en me prescrivant impérativement de revenir sur les Quatre-Bras, où il s'était fortement engagé, comptant sur la coopération de mon corps d'armée. Je devais donc supposer qu'il y avait urgence, puisque le Maréchal prenait sur lui de me rappeler, quoiqu'il eût reçu la note dont j'ai parlé plus haut.
.J'ordonnai, en conséquence, à la colonne de faire contre-marche; mais, malgré toute la diligence qu'on a pu mettre dans ce mouvement, ma colonne n'a pu paraître en arrière des Quatre-Bras qu'à l'approche de la nuit.
Le général Labédoyère avait-il mission pour faire changer la direction de ma colonne avant que d'avoir vu M. le Maréchal ? Je ne le pense pas; mais, dans tous les cas, cette seule circonstance a été cause de toutes les marches et contre-marches qui ont paralysé mon corps d'armée pendant la journée du 16.

D. Comte d’Erlon -

Paris, 9 février 1829.

 

 

 

 

 

 

 

 

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(à suivre)
   

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